Encontro

It was February, year 2000.

My parents were still together, we were living in Montreal. I was having a school year morally difficult. I had started studying at McGill university, but I didn’t like it (which, in retrospect, was a blessing in disguise). I was only attending a couple of classes in music and German to test the grounds, while going to as many concerts, recitals, operas as I could afford and as many masterclasses at the music faculties of the Université de Montréal and McGill as I could fit into my schedule. I had a very boring part-time job as telemarketer to pay for my singing lessons twice a week and rehearsals with the pianist. My father having very *generously* refused to cover my expenses that year. I was preparing for auditions to get into the music performance programs at UdM and McGill, but truly aiming for the Conservatory.

The pianist, Colette, with whom I had coaching did not live too far from my parents, only a short bus ride away. That day, when I arrived, there was already someone working with her, so I waited. The singer was a bass that I had never heard or seen before. When they had finished, she was very excited to introduce us. He came from Brazil, freshly off the plane, and since I was born in Argentina, surely we would get along very well together (uh? ha ha) ! In addition, he was preparing the Conservatory auditions too! She was obviously trying to set us up. Thankfully he seemed nice and, like me, pretended to be oblivious to the insinuations of Colette.

With some people the current flows effortlessly, without the embarrassment of romantic innuendo. A fresh and instantaneous friendship. It was the case here.

A few weeks later, I called Colette asking her for D’s number. I wanted to offer him to go to a party at one of my former music teacher’s, a cool teacher who often invited other colleagues and students at his place for intellectual discussions and impromptu recitals. This time we were going to watch the opera Carmen and discuss it afterwards. Of course, Colette was very happy to give me his number. She did even more, since by chance D was just there at her place! We briefly talked and set up a date. Which was missed because of a misunderstanding… Each one of us waited at a different subway station that day.

I do not remember if we crossed paths at the auditions. I vaguely remember having gone out together to a concert or a recital. Another encounter “by chance” (both of us had been invited by Colette) in a master class with other singers from the Atelier de l’Opera de Montreal. I also remember a warm evening at an outdoor cinema. It had started raining all of a sudden, a summer storm, and we ran under an umbrella, laughing. It could have been romantic, but it wasn’t. We were just friends, very good friends. And it lasted years.

Three years of a sincere and unambiguous friendship.

I remember a moment, during the first year at the Conservatory, when we were both elegantly dressed all-in-black for a recital. As we sat calmly next to each other before going on stage, a friend told us that we looked like a snapshot of a Latin American couple.

Our many delirious discussions during Italian classes when we talked in exaggeratedly loud voices with the teacher; him in his Portuguese-Italian, me in Spanish-Italian. Other students, French-speakers Quebecois, thought we were talking fluently. Only the Ms. Italian Teacher knew we were just having a blast at a good pretend game! At least she didn’t need to encourage participation. 😉

There was this other time, returning from a summer dinner among friends, when we all took the subway together. D and I started talking in a Slavic language of our invention with the intonations of a real conversation and the seriousness of talented actors. Ha ha. My German friend who was visiting then, was still laughing about it the following year while retelling the hilarious scene to her parents !

When my parents divorced, when my father and my sick brother returned to live in France and when I had to find accommodations at the beginning of the school year, he was there with a shoulder to cry on and biceps to help me move.

And then, after three years of friendship something changed. I confided more in him whom had become my best friend. For no particular reason, other than I liked to hear him speak his mother tongue, I asked him to teach me Portuguese. I loved spending long hours talking with him, listening to him. And it was mutual.

We became inseparable backstage during many rehearsals of the Nozze di Figaro, me as Cherubino, him as Don Basilio. Official playmates during theater class. Love hit us.

I realized then that despite the many uncertainties of life, one thing was certain: if our love was as important to him as it was for me, we would grow old together and happy.

We were married simply before God and men on a Sunday morning in June 2003.
(And Colette was among the witnesses 😉 )

C’était en février, année 2000.

Mes parents étaient encore ensembles, nous vivions à Montréal. Je passais une année scolaire moralement difficile. J’étudiais à l’université McGill, mais comme je n’avais pas été acceptée dans le programme de mon choix (a blessing in disguise), je suivais seulement quelques cours dans les facultés de musique et de langues. J’assistais aussi à toutes les classes de maîtres ouvertes au public des facultés de musique de l’Université de Montréal et McGill et allais à tous les concerts, récitals et opéras que je pouvais me permettre. J’avais une job pénible de télémarketer à temps partiel pour pouvoir me payer des cours de chant deux fois par semaine et les répétitions avec la pianiste. Mon père était pénible et avait refusé de couvrir mes dépenses cette année-là. Je préparais les auditions pour rentrer dans le programme de performance en musique de l’UdM et McGill, mais en particulier l’audition du Conservatoire.

La pianiste, Colette, avec qui je faisais mes répétitions, n’habitait pas trop loin de chez mes parents. Ce jour-là, quand je suis arrivée après un court trajet d’autobus, il y avait déjà quelqu’un qui travaillait avec elle, donc j’ai attendu. Le chanteur était une basse que je n’avais pas encore croisé. Quand ils eûrent fini, elle était toute excitée de me le présenter. Il venait du Brésil, tout fraichement débarqué de l’avion, et comme j’étais née en Argentine, on allait sûrement se comprendre (heu ?) ! En plus, il préparait l’audition du Conservatoire lui aussi ! Visiblement elle voulait arranger quelque chose entre nous. Heureusement il avait l’air sympa et, comme moi, semblait feigner de ne pas comprendre les remarques de Colette.

Avec certaines personnes le courant passe sans effort, sans la gêne d’insinuations amoureuses. Une amitié fraîche et instantannée. C’était le cas ici.

Quelques semaines plus tard, j’ai rappelé Colette pour lui demandé le numéro de D. Je voulais lui proposer d’aller à une fête chez un de mes ancien prof de musique, un prof cool qui invitait souvent d’autres collègues et élèves chez lui pour des discussions intellectuelles et récitals improvisés. Cette fois-ci nous allions visualiser l’opéra Carmen. Bien sûr, Colette était toute contente de me passer son numéro. Elle a fait même plus, puisque par hasard D était justement chez elle en ce moment. On a discuté brièvement et nous nous sommes donné rendez-vous. Rendez-vous manqué parce que mal-entendu. Nous nous sommes attendus à deux endroits différents.

Je ne me souviens plus si nous nous sommes croisés à l’audition. Je me souviens vaguement d’être allés ensembles un soir à un concert ou un récital. Une autre rencontre “par hasard” (nous avions tout les deux étés invités par Mariette) à une classe de maître avec d’autres chanteurs de l’Atelier de l’Opéra de Montréal. Je me souviens aussi d’une chaude soirée de cinéma en plein air. Il s’était mit à pleuvoir soudainement, un déluge d’été, et nous avons courut sous un parapluie en riant. Ça aurait pû être romantique, mais ça ne l’était pas. Nous étions juste de très bons amis. Et ça a dûré des années. Trois ans d’amitié sincère et sans ambigüités.

Il y avait une fois, la première année au Conservatoire, tous les deux élégants habillés en noir pour un récital, où nous étions assis calmement l’un à côté de l’autre avant de monter sur scène. Une amie nous a dit que nous avions l’air d’un cliché de couple modèle latino-américain.

Il y a eu de nombreux délires pendant les cours d’italiens où nous discutions exagérément à voix hautes avec la prof. Lui en italo-portugais, moi en hispano-italien. Les autres élèves, québécois francophones, croyaient que nous parlions couramment. Seule la prof Mme Italienne savait que nous disions n’importe quoi. Au moins elle n’avait pas trop d’effort à faire pour nous entendre participer. 😀

Il y a eu cette autre fois, au retour d’un souper d’été entre amis, où nous avons tous prit le métro. D et moi avons commencé à parler dans une langue slave de notre invention, avec les intonations d’une véritable conversation et le sérieux d’acteurs de talent. Ha ha . Mon amie allemande qui était alors de visite riait encore de cette scène absurde en la racontant à ces parents l’année d’après !

Quand mes parents ont divorcé, que mon père et mon frère malade sont retournés vivre en France et que j’ai dû trouver un logement in extremis en début d’année, il était là pour m’aider à déménager.

Et puis, après trois ans d’amitié quelque chose a changé. Je me confiais de plus en plus à celui qui était devenu mon meilleur ami. Sans raison particulière, autre que j’aimais l’entendre parler sa langue maternelle, je voulais qu’il m’enseigne le portugais. J’adorais passer de longues heures à discuter avec lui. Et c’était réciproque.

Inséparables en coulisses pendant de nombreuses répétitions des Nozze di Figaro, moi en Cherubino, lui en Don Basilio, partenaires de jeux pendant les cours de théatre. L’amour nous est tombé dessus.

J’ai alors réalisé que malgré les incertitudes de la vie, une chose était certaine : si notre amour était aussi important pour lui qu’il l’était pour moi, on allait vieillir ensemble et heureux.

Nous étions mariés tout simplement devant Dieu et les hommes un dimanche de juin 2003.
(Et Colette était parmis les témoins 😉 )

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11 comentários sobre “Encontro

  1. Qué bonita historia 🙂 (a parte del divorcio de tus padres y de la enfermedad de tu hermano)
    Me gusta que jugueis a hablar italiano como verdadros romanos, yo tambien jugue a esto en mi timpo 😉 (Y hablo bastante poc italiano!)
    Me ha gustado mucho como cuentas vuestro encuentro, esperaba que él fuera tu futuro marido! 🙂
    Di clases de frances a españoles en los años 80 y 90 y era un verdadro placer…Luego di clases de frances en Dublin… Y eso no, no era un placer! Era muy dificil hacerles participar : un clase de mudos! 😦
    Los americanos en cambio participan mucho, los japoneses tambien! Los peores eran los irandeses e ingleses! 😉

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