Rebelote

Jeudi soir je reçois un email du conseil des écoles dont fait partie celle des enfants qui m’informe que, suite à la décision du bureau de santé publique de notre région, toutes les écoles fermeront à partir de lundi, une semaine avant le début des deux semaines de vacances de noël. Deux semaines de vacances, transformées en trois semaines à la maison, qui sont devenues “jusqu’à nouvel ordre”, puisque le lendemain les enfants sont revenus de leur dernière journée avec tout leur matériel scolaire dans des grands sacs en plastique (chaussures d’intérieur, cahiers, feutres, crayons) comme si s’était la fin de l’année… L’instruction se fera à distance à partir de lundi.

J’ai tout de suite communiqué avec T (ma copine brésilienne) pour lui dire qu’il va falloir qu’on s’organise des promenades une fois par jour avec les enfants, sinon enfermés toute la journée ils vont tout casser et je vais devenir folle ! Au secours !

Et puis le soir même, vendredi, j’apprend qu’en fait toute la région va être à nouveau en confinement… Meu Deus, je plains tous les petits commerçants, vraiment, quelle catastrophe ! En effet, l’ambiance à l’école de musique n’était pas très joviale ce matin. C’était les derniers cours jusqu’à nouvel ordre… 😦

Un autre email de notre pasteur nous informe qu’il ne pourra plus y avoir de rassemblement de plus de dix personnes à partir de lundi et pour une période d’au moins 28 jours. What !?! Pas de culte de noël ? Nooooooooon ! 😥 Nous aimons bien célébrer noël simplement entre nous sans gros repas ni trop plein de cadeaux qui débordent de partout, mais quand même noël sans pouvoir aller à l’église perd tout son sens… Quelle tristesse !

Charlotte rêve !

Récapitulatif

Je vois qu’une fois de plus j’ai été trop longtemps absente de ce blog : mon journal de bord est partit à la dérive, tout comme mes pensées qui flottent au rythme du quotidien familial.

Les garçons ont (enfin !) reprit le chemin de l’école. Protocole sanitaire oblige, ils sont “armés” de leurs masques. J’en ai cousu plusieurs pour chacun avec des bouts de tissues d’anciens projets et en “recyclant” l’élastique des masques jetables. Ça m’a couté zéro dollars, plusieurs minutes de travail par-ci, par-là, et une grande satisfaction d’avoir resortit mon matériel de couture !

J’hésite à écrire ici ce que je pense de cette mascarade. Cette crise sanitaire à réussi à polariser tout le monde, même les amis, même la famille : ceux qui ont peur de mourir, ceux qui ont peur de vivre, ceux qui croient (trop ?) aux médias, ceux qui croient (trop ?) aux théories les plus absurdes, ceux qui pensent que les autres sont débiles de ne pas penser comme eux, etc. Le monde est devenu complètement fou… plus que d’habitude.

Mes dernières discussions avec mes amies proches (mais que je ne vois pas souvent puiqu’on habite loin) sont précédées de quelques minutes indécises, chacune essayant d’aborder le sujet avec des pincettes pour essayer de voir si l’autre est devenue “folle” (Are you a crazy person ?).

À l’école de musique j’alterne entre le masque (élèves de piano) et la visière (pour les élèves de chant), cette dernière me donne un mal à la tête après seulement 30 minutes de port (le temps d’une leçon). Je plains ceux qui les porte tout la journée. Il y a aussi des lingettes désinfectantes à côté du piano pour le nettoyer entre chaque élève… Malgrès tout, je suis contente d’être retournée enseigner “en vrai”, et l’école de musique est soulagée de pouvoir reprendre ces activités malgrès une grande inquiétude puisqu’il n’y a que 50% de réinscriptions par rapport aux années précédentes….

Malheureusement (et heureusement) cette reprise ne sera que de courte durée pour moi puisque D à enfin trouvé un emploi de soudeur dans une entreprise qui a l’air sérieuse ! On l’a tellement espéré qu’on commençait à ne plus y croire. C’est une super bonne nouvelle pour nous (et notre situation financière), mais un peu triste pour ma job à l’école de musique: pour le premier mois (qui commence aujourd’hui) D sera en formation pendant l’horaire de jour (de 7h à 15h30), ce qui me permet de continuer encore un peu, mais ensuite son horaire sera de soir (de 15h30 à minuit). Je n’aurais eu ni la voiture pour aller à l’école de musique, ni personne pour rester avec les enfants. Alors j’ai avertit l’école pour qu’ils puissent trouver quelqu’un pour me remplacer.

Je rêve à nouveau d’acheter une maison où je pourrais aménager une “music room” (chambre à musique ? Salle à musique ?) pour pouvoir enseigner sans sortir de chez moi. Mais bon, il ne faut pas que je m’emballe trop vite… Nos économie sont encore inexistantes et j’ai déjà dû annuler tellement de mes rêves ses dernières années !

Bouger les doigts

Je suis allée chez la coiffeuse du quartier pour la première fois. Son salon est installé dans la salle de séjour de sa maison “historique” juste à côté de la bibliothèque. Je n’avais pas encore osé y mettre les pieds et finalement au lieu de me couper les cheveux moi-même (c’est difficile de voir derrière ma propre tête ! 😉 ), j’ai prit rendez-vous. Nous portions toute les deux un masque et je ne sais pas si elle ne m’a pas bien comprit ou si elle a sous-estimé le pouvoir rebondissant de mes cheveux bouclés, mais j’aurais préféré un peu plus long devant…. je m’habituerai. Pour l’instant, ça m’allège et ça rafraîchi.

J’ai aussi ressortit la machine à coudre (ça faisait longtemps !) et ouvert mes bacs remplis de tissus (restes d’anciens projets), pour faire des masques pour moi et les enfants en préparation de la rentrée des classes.

Masques réversibles !

Et puis, je me suis aussi rapellée comment faire les bracelets “brésiliens” (friendship bracelets). Je pensais que ça allait peut-être intéresser les garçons, mais finalement j’ai dû terminer les leurs et les miens.

Flûtes à bec soprano et alto.

…Et c’est pas fini ! Depuis plusieurs semaines (ou des mois ?), je me suis achetée une flûte à bec alto. Je m’exerce partout, à la maison quand le repas est en train de cuire, ou pendant que les enfants prennent une heure à se brosser les dents, au parc quand les enfants s’amusent au splash pad… C’est pas encore très joli, je cherche mes notes, ça couique et ça couine souvent, les différents doigtés me sont encore étrangers, mais j’aime beaucoup ça. C’est une de mes nouvelles obsessions musicale !

Nous sommes la dernière ville de l’Ontario dans les étapes de déconfinement. Ces barrières autour du splash pad étaient installées pour limiter l’entrée des enfants. Il y avait deux maîtres nageurs à l’entrée qui prennaient les noms, adresses et téléphones pour allerter les parents en cas de coronavirus déclaré (les barrières ont enfin été enlevées mercredi dernier).

Nature Centre

On a découvert un nouveau parc à explorer.

Ça faisait longtemps que j’en avais entendu parler. Je suis souvent passée devant l’entrée du parc en voiture en allant à l’école de musique (c’est vraiment pas loin) et je me disais “il faudrait que… “, mais depuis que nous sommes ici nous n’y avions pas encore mis les pieds. Le plus gros inconvénient (à mes yeux) est qu’il faut prendre la voiture pour y aller. Je préfère commencer mes promenades depuis la maison et n’utiliser la voiture que quand c’est vraiment nécessaire. Prendre la voiture pour aller marcher, c’est contreproductif !

Finalement, un jour que j’avais besoin d’un break pour m’activer les muscles et aérer les idées, j’ai laissé la famille à la maison et j’y suis allée toute seule à vélo pour faire une sorte de reconnaissance du terrain. Ce n’est pas si loin, mais pour accéder à l’entrée principale du parc à partir de chez nous il faut longer le bord d’une route avec beaucoup de circulation et passer sous une autoroute, sans aucun passage pour les piétons ni vélos. Pourtant il y a plusieurs parcs tout autour avec plusieurs circuits pour les promeneurs et les cyclistes, mais pas vraiment de connection entre ces parcs…. Bizarre ! Peut-être que c’est prévu pour plus tard dans l’aménagement urbain, je ne sais pas, mais en tous cas il y a matière à amélioration !

L’entrée du parc c’est l’étoile rouge. J’ai dû longer deux parcs (sous le gros N il y a un autre parc) pour y arriver…. pas de trottoir ni de piste cyclable le long de Matchette ! Vous trouvez pas ça bizarre vous ? Qd j’ai dit ça à mon mari il m’a répondu que c’est quand même déjà beaucoup mieux qu’au Brésil où il n’y aurait… RIEN. Il n’a pas tort. M’enfin, on pourrait faire mieux, non?

Une fois arrivés, il est vachement chouette ce parc quand même. Beaucoup plus sauvage que ceux que nous fréquentons d’habitudes. Il n’y a pas de jeux pour les enfants, il n’y a pas non plus d’espaces aménagés avec de la pelouse bien tondue, non, là la nature en fait à sa guise. Il y seulement quelques sentiers qui font des boucles et serpentent au milieu de la forêt, les clairières d’herbes hautes et fleurs sauvages, quelques ponts en bois, et un “broadwalk” pour observer les libellules, les tortues, les petits poissons et entendre des grenouilles (entendues mais non vues).

Four parents, seven children

Hello dear friends,

Many things have happened in the last few months but as you might have noticed, very little time to blog around.

The kids are finally off school. Which means no more school work, just as we were finally getting into a healthy routine. Our first month of confinement was a disaster. We had no schedule, we were waking up late, the kids were playing computer games the whole day, I wasn’t sure if we were allowed to go for walks (in theory yes, but nobody was outside, and there was the whole “stay home” thing, it was weird), we would eat at no hours. It was a mess.

Then online schooling started. At first, I was under the illusion that I would be able to work on editing (the most time consuming part of the audiobook production) while the kids were quietly doing their homework. How wrong was I ! I was being interrupted every 5 minutes: the kids either needed help, would start fighting, or I would need to check on them because nothing would get done if left to their own devices… I was getting increasingly exasperated and stressed because I couldn’t concentrate on my own job. After the first week, I realized that it was not a good plan, I had to accept not to be able to work on my editing during daytime. I needed to establish some kind of schedule to keep everyone sane:

  • No more computer in the morning for the kids.
  • In the morning, they breakfast on their own (cereals or toast), then read, draw or play lego. I usually wake after them, so I just pray they don’t fight too loud before I slowly emerge from my slumber.
  • We go for a walk at least once a day, late morning or in the afternoon. (Our family walks are in the evening now from 7 to 9pm because the sun is still up and the temperatures are more pleasant).
  • Homework from 2pm to 4pm.
  • At 4pm, I give them a snack and tell them to go play at the park behind the house for one hour. They have a watch, they stay together, and I can see them (or hear them) from the kitchen window, or my office window. It’s pretty safe.
  • When they come back, they can finally go play on the computer downstairs. It’s usually quiet. I can get some work done then too, but I usually wait until everyone is sleeping. I go to bed very late myself (2 or 3am).

I don’t know why it took me so long to organize a schedule. It’s how I worked best when I was a student when I had to balance my time between classes, practice, rehearsals and work. It was what kept me sane as a new mom when the twins were infants (and in the following years with 3 very active little boys of about the same age). When some kind of structure is established, I find it relaxing because it gives me direction and I know that I will get things done. Each thing has its own time slot !

Two months later than initially planned, I’ve finally finished my latest audio book project (Au nom des pères)! The author didn’t seem bothered by the delay. He was understanding and praised the quality of my work regularly. I will write about it again later when the book is out in the audio world. It was a fantastic story. 😎

But now, no more homeschooling during the day, no more audio book project at night : what am I going to do with all my free time ??? (a rhetorical question: I have plenty of other things to do — writing in this blog for example 😉 )

Journal d’une confinée

Salut les co-confinés ! (Quand j’ai pensé à cette salutation ça m’a fait rire, comme quoi il m’en faut peu ! 😆 )

Ces jours-ci, je me sens comme un lion en cage, bien nourrie, mais qui tourne en rond.  La grande innactivitée me rend folle ! Je rêve de monter sur mon vélo pour aller à la piscine, le vent sur le visage et dans mes cheveux. J‘ai soif de liberté.

J’ai encore et toujours une grande difficulté à me concentrer sur mon travail. Je me suis une fois de plus rendue compte à quel point l’exercice physique m’aide travailler mieux et, principalement, à me concentrer… Heureusement l’auteur est lui aussi dans la même situation : confiné avec des enfants à la maison. Quand il m’a demandé dans notre dernier échange si j’avais une idée de la date à laquelle j’allais terminer ce projet, j’ai dû franchement répondre que la date que je prévoyais (début mai) serait vraisemblablement repoussée parce que je n’arrive pas à avancer ! J’ai la sensation d’être dans un sable mouvant temporel. Les enfants qui m’interrompent n’aident pas, mais je ne devrais pas trop les blâmer parce que le plus souvent je me distrais moi-même avec d’autres niaiseries, comme un article épeurant / stressant / déprimant sur FB ou une recette de gâteau longtemps oubliée et vraiment pas nécessaire (comment vais-je dépenser ces calories englouties ? ).

Ai-je déjà dit combien ça me manque de partir à vélo pour aller à la piscine ? Pour moi l’exercise physique régulier m’apporte bien au-delà d’un bienfait physique, c’est surtout un bienfait mental. J’ai cruellement besoin de ma dose d’endorphine.

Pourtant le plus grand stress de la semaine, finalement, c’est juste de m’organiser pour avoir les enfants terminer tous leurs devoirs à temps (mais dans le fond, si c’est en retard qu’est-ce qu’on risque vraiment à part une auto-déception ? )

Et pour couronner la grande absurdité générale, nous avons eu l’hivers le plus bizarre de ma vie au Canada : première neige était début novembre alors que les feuilles d’automne n’étaient pas encore toutes tombées, puis plus rien jusqu’au mois de février… et maintenant mi-avril la neige est tombé sur les jonquilles et les quelques arbres qui commençaient à bourgeonner ! Trop bizarre ! 😳

012

Honeysuckle

  • Est-ce que vous vous êtes déjà battu pour une cause importante?

Bon, j’ai jamais fait des barricades ou la grève de la faim, mais…

Quand j’ai commencé à étudier au Conservatoire, nos locaux étaient dans l’ancien palais de justice, dans le Vieux Montréal. C’était inspirant. Mais après ma première année, l’administration, le gouvernement, le ministère ou je-ne-sais-qui a décidé que nous allions déménager dans un bâtiment moderne qui avait servit de bureaux pour je-ne-sais-qu’elle fonction du gouvernement. Bref. On n’était pas content. L’association étudiante s’est faite entendre. J’ai signé la pétition et assisté aux réunions parce que, oui, j’étais d’avis que les nouveaux locaux n’allaient pas être adéquats, mais par contre, là non, j’ai refusé de passer la nuit à dormir dans des sacs de couchage pour montrer mon mécontentement. Franchement ça aurait servit à quoi? De toute manière, la décision avait déjà été prise sans nous consulter… Nous n’avons rien “gagné”, mais je pense que c’était important de manifester notre mécontentement d’une forme ou d’une autre et de ne pas se faire oublier.

  • Quelles odeurs aimez-vous particulièrement?

Le jasmin, le chèvrefeuille (honeysuckle), le muguet, la torréfaction de café (mais je n’aime pas boire le café), le feu de bois, la levure quand le pain est en train de lever, l’odeur de la bière (mais pas le goût),  l’amande douce (j’aime l’horchata, la crème d’amande, la frangipane et l’odeeeuuur de l’extrait d’amande pure, mais je n’aime pas la pâte d’amande ! ).

  • Qu’est-ce que vous avez admiré cette semaine?

Charlotte (ma chatounette) et moi avons une fixation pour la vue de notre fenêtre du bureau. On voit les feuilles des arbres qui bougent avec le vent, les gouttes de pluie, les rayons de soleil qui reflètent et font des ombres intéressantes, les écureuils qui sautent de branche en branche, et les oiseaux qui viennent piailler et “discuter” avec ma tigresse.

  • Comment avez-vous obtenu votre premier job?

Pour être animatrice dans un camp d’été, j’ai répondu à une annonce ! Nous étions plein de jeunes étudiants à y répondre (c’était un grand camp) des mois en avance. Puis, nous avons eu plusieurs week-ends d’information, puis de formation.

  • Quand vous étiez jeune, qu’est-ce que vous aviez vraiment envie de faire mais vos parents vous l’interdisaient?

Mon père ne voulait pas que je lise tard le soir, mais je le faisais quand même sous la couverture avec une lampe de poche. J’étais souvent fatiguée le lendemain ! 🙂

  • Est-ce que vous avez toujours aimé vos noms et prénoms ou est-ce que vous auriez préféré en changer?

Je pense que j’ai toujours aimé mes prénoms et mon nom de famille paternel. À l’adolescence, j’ai vaguement pensé que j’aurais aimé porter le nom maternel aussi (le nom d’un groupe rock mexicain que j’aime bien), mais bon y’avait rien à faire. Par contre quand je me suis mariée, je voulais porter le nom de mon mari, mais au Québec c’est pas possible ! Alors finalement quand on est arrivé en Ontario, j’ai vu que je pouvais le faire et j’étais contente. Sauf que personne ne m’avait avertit qu’à chaque fois que je dois renouveler mes documents (notament quand je déménage), je dois montrer mon certificat de mariage pour justifier mon nom ! À chaque fois ! Toute ma vie ! En plus comme mon mari a plusieurs noms de famille, des fois il est obligé de ne porter que l’un d’eux (qui n’est pas celui que l’on préfère), donc on finissait par ne pas avoir le même nom ! La merde ! Alors finalement après 15 ans de mariage (et 14 ans avec le nom de mon mari — enfin… un de ses noms), quand on est revenu au Canada, en Ontario, et qu’il fallait refaire tous les documents une fois de plus, j’ai dit: “c’est fini ce merdier !”, et je suis revenu avec mon nom de famille paternel (qui veut dire “petite goutte” en patois de la région, une source, c’est mignon, mais malheureusement pas aussi évocateur en anglais… *soupir*).

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Questions indiscrètes du Dr. Caso.