Un amour en si mineur

amour en si mineurLe voici, le voilà !

Mon tout premier livre audio de l’année 2020 vient de s’élancer dans le monde.  Je me sens fière et nerveuse à la fois. Fière, parce que c’est la huitième production depuis que je me suis lancée dans la folle aventure de faire des livres audio (il y a presque deux ans), et que je trouve que je m’améliore à chaque nouveau projet (ça m’encourage). Nerveuse, parce que j’espère que la voix que j’ai donné aux personnages va plaire plutôt qu’irriter (en tant que lectrice, je me sens parfois irritée par certaines voix de narrateurs, aïeaïeaïe, pourtant, comme on dit, ce n’est pas personnel). J’espère que ceux qui vont m’écouter laisserons des commentaires sympatiques…

L’auteur a donné vie à l’histoire de Jen et Lucas, et à mon tour je leur ai donné des voix… Que d’émotions ! C’est peut-être un peu débile de parler de ces personnages fictifs comme s’ils étaient des amis, mais pourtant, en quelque sorte, j’étais en leur companie pendant des mois, à leur écoute, vraiment à leur écoute, pendant des heures et des heures (j’ai lu, écouté, révisé chaque chapitre plusieurs fois !) (vous écoutez vos amis pendant autant de temps, vous?), j’ai même sympathisé avec leurs humeurs et leurs émotions (même si des fois j’étais pas d’accord avec eux) (je suis sûre que ça vous arrive avec vos amis aussi, non?) ! Quand j’ai terminé la production de ce livre, c’est un peu comme si je devais me séparer de mes compagnons de voyage, un voyage qui a duré plusieurs mois, et maintenant ce qu’il reste c’est un album de photos (le livre audio) que des inconnus vont regarder (écouter) et commenter (les commentaires peuvent faire ou défaire le succés d’un livre)…

S’il vous plaît, soyez gentils ! 😆

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Tessiture

Je me suis inspirée du questionnaire de Mahie pour vous donner des nouvelles, mais comme mes réponses ont prit une vie d’elles-mêmes, elles ne sont pas vraiment que des réponses à ses questions… Vous me suivez ?

Je viens de terminer de lire un manuscrit, “Au nom des pères”, de Mathieu Tazo,  qui est génialissime. C’est aussi mon prochain projet d’audio-livre (jusqu’à présent je disais toujours “livre audio” mais je viens d’entendre une française dire “audio-livre”, c’est comment qu’on dit ?), alors du coup je suis extatique de travailler avec du si bon matériel, mais aussi je m’inquiète (un peu) de la qualité de mon propre travail et j’espère qu’il sera à la hauteur d’un si bon roman. Pourtant si l’auteur a répondu favorablement à mon audition, c’est qu’il apprécie ce que je fais, non ? Et en plus, j’ai eu une discussion par Skype avec lui, le courant passe bien et les retours sont positifs, donc il n’y a pas de raisons que ça n’aille pas ! On va pouvoir faire quelque chose de très bien, quoi ! Pourquoi est-ce que je me tourmente, boudiou?!!!

Je dis « respect » à : tous les artistes qui continuent d’avancer et de créer malgrés tout, malgrés les périodes creuses (créatives ou financières), malgrés le manque de confiance en soi, les doutes qui rongent tôt ou tard, et malgrés aussi, souvent, l’incompréhension du public ou des proches.

La dernière fois que je vous ai montré des photos de mon studio, j’étais installée au sous-sol de l’ancienne maison. Il y avait plus d’espace, oui, mais pour un studio d’enregistrement ce n’est pas vraiment un avantage puisqu’il faut tuer autant d’échos et de réverbérations que possible. Maintenant, je me suis installée dans la chambre la plus petite de la maison, à l’étage, où il fait plus chaud qu’au sous-sol et c’est plus lumineux (meilleur pour le moral). Il y a une fenêtre avec une vue du jardin, des arbres, et du parc  derrière chez nous, relativement calme (moins de bruits de circulation que si la chambre donnait sur l’avant de la maison). J’ai insonnorisé autour du micro de la même manière qu’avant, avec des couvertures de déménagement (plus un édredon en plumes pour bonne mesure !) au-dessus et tout autour du bureau. Si nous étions propiétaires, j’insonnoriserai probablement avec des panneaux accrochés aux murs comme ceux-là, mais tous les commentaires et critiques m’informent que la différence est surtout esthétique. C’est vrai que pour l’instant je suis tout à fait satisfaite de la qualité du son.

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Le bureau d’enregistrement (à gauche) avec le micro suspendu à un boom arm (pour limiter les sons de vibration de la table) et le manuscrit étalé devant moi sur un support incliné (pour limiter de tourner des pages). Le bureau d’édition devant la fenêtre(à droite) avec le laptop pas trop proche du micro pour pas qu’il capte le petit bruit de ventilation.

 

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Je sais pas trop ce que je voulais montrer avec cette photo. Sauf peut-être qu’en effet la chambre est petite (je n’arrivais pas à reculer suffisament pour avoir une vue d’ensemble). Il y a des étagères avec des livres à gauche, une penderie dans le coin (remplie de manteaux qui bouffent le son) et ce vieux placard en bois que j’aime bien et que j’ai trouvé gratuit (!).

Comment est-ce que je me prépare pour un projet ?

D’abord il faut que je trouve un bon livre…

J’utilise la plateforme ACX.com où les auteurs postent le profil du livre qu’ils souhaitent mettre en format audio (avec le lien Amazon vers le format papier et digital et, surtout, les commentaires des lecteurs), parallèlement les narrateurs/producteurs (comme moi) ont un profil avec des extraits de leur travail. Mon “problème” actuel est qu’il y a beaucoup plus de possibilité de projets en anglais, qu’en français. J’ai la nette impression que le marché du livre audio est beaucoup plus développé dans le monde anglophone, que dans les pays francophones, mais j’ai l’espoir que ça va grandir en même temps que mon expérience dans le domaine.

Quand j’ai vu le titre d’ “Au nom des pères”, je suis d’abord allée lire les commentaires Amazon (tous très bons), j’ai téléchargé l’extrait gratuit sur mon Kindle que j’ai lu à toute vitesse (très bien écrit), puis j’ai envoyé un court message à l’auteur pour établir contact et informer que j’étais en train de préparer une audition (je ne voulais pas que ce projet me glisse entre les doigts). Quelques jours plus tard, quand l’auteur m’a fait savoir qu’il avait aimé mon audition, j’ai découvert que c’est toujours une bonne idée d’annoncer mes couleurs tout de suite pour ne pas avoir de surprises : je travaille avec minutie et je  vérifie plusieurs fois chaque chapitre avant de les télécharger, par conséquent la production d’un livre audio n’est pas un travail rapide (au moins 8 semaines, souvent plus), aussi je communique régulièrement avec l’auteur si je remarque des erreurs dans le manuscrit, et j’apprécie de-même au fur et à mesure qu’il écoute les chapitres qui sont prêts. Bref, je priorise la qualité du travail, plutôt que la vitesse de production.

Une fois le contrat “signé” (c’est un accord entre la companie de distibution, l’auteur, et le narrateur/producteur — moi), l’auteur me fait parvenir le manuscrit au complet. Apparemment, parfois, l’auteur envoie le livre en format physique par la poste, mais dans mon cas j’ai toujours reçu un format doc ou pdf que j’imprime (c’est quand même plus rapide et pratique, surtout que j’écris un tas de notes sur le manuscrit pendant la production).

Ensuite, je lis le manuscrit au complet. Cette première lecture est très importante parce qu’elle me permet non seulement de connaître l’histoire et les personnages, mais aussi d’être sûre que je suis à l’aise pour lire/enregistrer toutes les scènes. Il m’est aussi arrivé de devoir annuler un contrat après cette première lecture parce que j’ai eu la mauvaise surprise de réaliser que seule la traduction des extraits (gratuit et audition) avait été bien révisée… Pas glop.

J’établie alors le débit de lecture (vitesse) et de la voix des personnages. Pour le débit, parfois l’auteur veut quelque chose de spécifique (pour les histoires courtes en français pour étudiants, on m’a demandé “plutôt lent, mais naturel”). Pour les personnages, je demande à l’auteur si il a un document avec le profil des personnages (certains écrivains font ça dans leur processus d’écriture mais pas tous). Sinon un échange d’emails ou une discution sur Skype suffit à éclaircir mes doutes ou me rassurer sur la direction à prendre. Je prépare alors les premières “15 minutes” du livre pour donner à l’auteur une idée de ce que ça va donner. La qualité doit être identique au reste de la production pour donner une idée réelle du travail fini. Quand cet extrait a été accepté par l’auteur (via le site d’acx), un vrai rythme de production peut s’installer.

Ce que je trouve le plus fascinant, intéressant, addictif ?

Pour des productions de théatre ou d’opéra, je n’étais responsable que d’un seul personnage, mais pour une production de livre audio, je donne “vie” à tout un cast de personnages ! Le travail vocal est très différent mais tout aussi intéressant. Bien sûr, je n’utilise pas la respiration d’envergure et les résonnances de chanteur d’opéra. Je n’ai pas besoin d’exprimer quoi que se soit physiquement, ni par le corp ni avec le visage. Je n’ai pas besoin, non plus, de mémoriser quoi que se soit, ni la musique, ni les déplacements sur scène. Par contre pour chacun des personnages, je dois trouver un moyen naturel et subtil de différencier sa voix d’un autre. Je dois trouver des différences sans pour autant tomber dans la caricature; je fais de la narration, pas des dessins-animés ! 😆 Parfois la différence est simplement la tessiture (résonnances de tête pour une femme, résonnances de poitrine pour un homme), des fois c’est dans le débit ou un accent (si un personnage parle avec un accent du sud de la France, ça sort tout seul). Mais en fait,  j’essaie de me mettre dans la peau de chacun des personnages, d’avoir une vision claire de qui ils sont, plutôt que de penser techniquement à où placer ma voix à chaque fois. C’est plus facile et donne un résultat plus naturel, à mon avis.

The New Library

Last time I wrote over here, I quickly mentioned that we had a new library in the neighborhood. I was very excited about it and could not wait to show you pictures of it, of the fall colors all around, of the kids Halloween makeup, etc. But then, as usual, life happened and I was very busy with other things such as (but not limited to) :

finishing editing an audio book (a novel in French ! ), (Le Jardin secret de Marie, de Coralie Raphael — Une histoire extraodinaire, magique, pleine de mytères, de rebondissements et un amour pas comme les autres… Comme on dit en portugais adorei!)

reading an excellent novel (Sunshine by Robin McKinley — a post-apocalyptic fantasy with magical creatures, including a vampire, but no romance, which was oddly very satisfying to me, though maybe not to everyone’s taste. A genre in its own, I guess),

keep swimming as much as I could but not as much as I should (it’s very dark and cold now at 7:30AM and it’s already kind of depressing, and not motivating me at all to hop on my bicycle and go swimming, so I’ve sadly been slacking on my exercising. I really should get into a new routine of going there late mornings or evenings. Still debating),

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Autumn leaves 1
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Autumn leaves 2

getting soaked to the bone while trick or treating on Halloween with the kids (we left the house at 5PM, a little early, to make sure to collect enough candies before the rain. After a slow start (some houses were decorated but no one a the door… Why?), we had about 20 minutes of productive collecting before it started raining, then pouring rain. By that time we were cold and the kids’ bags were full and heavy, so we came back home with squeaky shoes, cold fingers, wet candies and a smile on our faces.)

Did you feast your eyes on the fall pictures above? Yes? Good. Because all day yesterday, and it looks like today too, the white stuff is falling from the sky. And not just a small little first snow of the season, no, it’s non stop snowing galore! In November! School buses have been cancelled for the day, the kids will be home, and so it begins…

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