Journal d’une confinée

Salut les co-confinés ! (Quand j’ai pensé à cette salutation ça m’a fait rire, comme quoi il m’en faut peu ! 😆 )

Ces jours-ci, je me sens comme un lion en cage, bien nourrie, mais qui tourne en rond.  La grande innactivitée me rend folle ! Je rêve de monter sur mon vélo pour aller à la piscine, le vent sur le visage et dans mes cheveux. J‘ai soif de liberté.

J’ai encore et toujours une grande difficulté à me concentrer sur mon travail. Je me suis une fois de plus rendue compte à quel point l’exercice physique m’aide travailler mieux et, principalement, à me concentrer… Heureusement l’auteur est lui aussi dans la même situation : confiné avec des enfants à la maison. Quand il m’a demandé dans notre dernier échange si j’avais une idée de la date à laquelle j’allais terminer ce projet, j’ai dû franchement répondre que la date que je prévoyais (début mai) serait vraisemblablement repoussée parce que je n’arrive pas à avancer ! J’ai la sensation d’être dans un sable mouvant temporel. Les enfants qui m’interrompent n’aident pas, mais je ne devrais pas trop les blâmer parce que le plus souvent je me distrais moi-même avec d’autres niaiseries, comme un article épeurant / stressant / déprimant sur FB ou une recette de gâteau longtemps oubliée et vraiment pas nécessaire (comment vais-je dépenser ces calories englouties ? ).

Ai-je déjà dit combien ça me manque de partir à vélo pour aller à la piscine ? Pour moi l’exercise physique régulier m’apporte bien au-delà d’un bienfait physique, c’est surtout un bienfait mental. J’ai cruellement besoin de ma dose d’endorphine.

Pourtant le plus grand stress de la semaine, finalement, c’est juste de m’organiser pour avoir les enfants terminer tous leurs devoirs à temps (mais dans le fond, si c’est en retard qu’est-ce qu’on risque vraiment à part une auto-déception ? )

Et pour couronner la grande absurdité générale, nous avons eu l’hivers le plus bizarre de ma vie au Canada : première neige était début novembre alors que les feuilles d’automne n’étaient pas encore toutes tombées, puis plus rien jusqu’au mois de février… et maintenant mi-avril la neige est tombé sur les jonquilles et les quelques arbres qui commençaient à bourgeonner ! Trop bizarre ! 😳

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Variable et varié

Qu’est-ce qui vous a fait rire récemment?

Désolée si vous avez déjà vu ça circuler sur FB, mais au moment où je suis tombée sur cette vidéo elle m’a fait rire aux éclats, et à son tour un de mes fils l’a trouvée drôle et continue d’en répéter certaines répliques “… sinon dé-gaaa-geeez !”

De quoi est-ce que vous avez peur de manquer?

Rien. Depuis qu’on est revenus du Brésil, j’ai une nouvelle appréciation pour la surabondance des supermarchés canadiens (même en temps de pandémie internationale). Et pour ce qui ne se trouve pas, on peut probablement s’en passer.

Comment est la situation dans les magasins chez vous?

Par soucis de répartition égale des denrées, ils ont imposé une limite de 2 items identiques par famille (que ta famille soit d’une seule personne, cinq, ou dix, peu importe). Ça ne me dérange pas si il sagit de pizzas surgelées (par exemple), mais c’est irritant pour les gros pots de yogourt de 500 g (d’habitude j’en achète 4 ou 6 si il y a une promotion), ou les boîtes de douze oeufs (qui disparaissent à la vitesse de l’éclair, ça fait plusieurs fois que je n’en vois plus dans mon supermarché habituel) (ça aussi j’en achète 3 ou 4 boîtes d’habitude). Mais ça va, franchement on manque de rien, je dirais même qu’on mange trop compte tenu de notre grande innactivité physique.

Quand êtes-vous sortis de chez vous pour la dernière fois, et qu’avez-vous fait lors de cette sortie?

Je suis allée au supermarché, la semaine passée, mais je ne sais plus quel jour c’était, ni quel jour nous sommes aujourd’hui…

Quelles nouvelles recommendations et restrictions avez-vous reçu de votre gouvernement cette semaine? Et qu’en pensez-vous?

Le maire de notre ville a décidé d’annuler les transports en commun ! (Le réseau de bus qui déjà assez mal déservi en temps normal). Ça n’affecte pas mon quotidien, mais je trouve ça complètement stupide (et je ne suis pas la seule) puisqu’il y a quand même quelques personnes qui en on besoin pour aller travailler (ceux qui n’ont pas les moyens de conduire ni de rester chez eux). Et puis, il a aussi fermé les aires de jeux pour enfants (je m’y attendais), mais pas les parcs ! (je ne sais pas comment il a fait ça puisque je ne vois aucune barrière autour des jeux que j’apperçois par la fenêtre) (les parcs et sentiers sont ouverts pour permettre à la population de prendre l’air en respectant les distances de sécurité). Ça me rassure un peu parce que la dernière fois que je suis sortie avec les enfants (je crois que ça fait 15 jours!!! OMG), je me sentais un peu comme une criminelle. Je ne voyais personne autour de nous et je me demandais si il y avait une nouvelle interdiction que j’ignorais. Pendant notre promenade d’une heure, un samedi frais mais ensoleillé, après avoir traversé un parc immense et deux aires de jeux, nous n’avions croisé (de loin) qu’un seul couple avec un chien… C’était très étrange.

Qu’est-ce que vous trouvez le plus difficile ces temps-ci?

Le manque de routine. Trouver du temps pour me concentrer sur mon travail sans être interrompue toutes les cinq minutes (je dois attendre que tout le monde dorme après 23h pour pouvoir enregistrer des chapitres) (je faisais ça AVANT aussi, mais j’avais des heures calmes supplémentaires  quand les enfants allaient à l’école).

Avec qui avez-vous parlé récemment que vous n’aviez pas vu.e/revu.e depuis longtemps?

Depuis le début de la quanrantaine ça a été la fête du Skype surtout avec mes amies et famille d’Europe (entre les fuseaux horaires et les horaires variables et variés, le contact est souvent difficile alors que là tout le monde est à la maison! haha). J’ai été particulièrement heureuse de parler avec une de mes plus ancienne amie d’enfance: ma voisine d’origine sud-coréenne (adoptée) qui est devenue prof d’anglais, a voyagé un peu partout, et est devenue maman d’un p’tit garçon qui dépasse les frontières. ❤

Qu’avez-vous fait d’inhabituel cette semaine?

J’ai passé l’aspirateur dans toute la maison DEUX FOIS en une semaine, j’ai aussi changé et lavé les draps de tous les lits, j’ai nettoyé la salle de bain et passé la serpillère dans la cuisine et la salle de bain. J’ai aussi aspiré et passé la serpillère dans les escaliers qui étaient vraiment dégoutants. J’ai aussi désinfecté le cadrant des fenêtres. Mes fils m’ont aidé… un peu. Normalement je nettoie en petites doses, je n’avais jamais fait tout ça dans la même semaine.

Quel bon bouquin/film/série recommandez-vous?

Tous les trois romans (en format ebook) de Mathieu Tazo, l’auteur avec lequel je travaille en ce moment, sont gratuit jusqu’à vendredi sur Amazon FR (au Canada aussi, je ne sais pas pour les autres pays). Profitez-en ! Si les deux autres romans sont aussi bien que “Au Nom des pères”, je conseille vivement. Les sujets sont sérieux, parfois graves ou triste, mais l’écriture est élégante, pas pompeuse du tout, et parsemée d’humour. Un régal !

Quel est le truc le plus chouette que vous ayez fait récemment?

En plus de parler avec ma vieille amie franco-coréenne, j’ai aussi eu une longue discussion avec mon amie allemande que je n’avais pas vu/parlé depuis des années également. J’adore ces retrouvailles sporadiques où les discussions coulent à flot comme si on s’était parlé hier alors que la distance et parfois des mois ou des années nous séparent. Ça c’est l’amitié vraie de vraie.

Qu’est-ce que vous avez décidé de faire ou d’apprendre grâce au fait que vous avez plus de temps chez vous maintenant (avec vos enfants, vos êtres aimés, vos poilus, tout.e seul.e, etc.)?

Théoriquement, on peut encore aller se promener, sans toucher aux aires à jeux et en gardant ses distances des passants (si il y en a), mais pour ajouter à l’ambiance post-apocalyptique, ces jours-ci il pleut, la terre est boueuse et le ciel est gris… Bref. Puisqu’on ne sort pas, j’ai décidé d’inicier les enfants aux joies de la zumba, ou du hip-hop, ou de la gymnatique rhytmée : je choisis quelques vidéos sur Y*tube et on se bouge les fesses. En général mes sessions sont accueillies avec des râles et lamentations, et j’ai dû transformer mon utopique 30 minutes en un raisonable 15 minutes (peut-être 20, si j’ai la patience d’endûrer le grand n’importe quack de mes singes), mais en fin de compte ça fait du bien à tout le monde.

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Merci, chère Dr.Caso-à-l’autre-bout-du-Canada pour ces questions qui m’ont permi d’écrire par-ici, parce que j’ai plein de trucs à dire mais trop d’interruptions pour suivre le fil de mes pensées.

Sans tristesse ni amertume avancer

Ce matin il a enfin neigé. Après la grosse tempête prématurée du début novembre, nous avons eu des températures merdiques (ni froid ni chaud) et un ciel plutôt gris tout le mois de décembre. C’était tristounet. Aujourd’hui, ô joie!, il y avait un tapis de neige bien fraîche.

Il y a quelques mois nous avons dû faire réparer la voiture et comme elle était encore indisponible le samedi matin, j’ai décidé de marcher jusqu’à la piscine avec les enfants pour leurs cours de natation. Le trajet qui ne prend qu’un petit 10 minutes en voiture, devient 30 minutes à pied. Pas si pire ! Bien sûr j’ai eu droit à quelques larmes et grognements, mais en fin de compte j’ai trouvé que c’était une très bonne idée ! Et donc depuis quelque mois, je suis devenue une mère cruelle : nous marchons jusqu’à la piscine chaque samedi matin (sauf la semaine passée parce qu’il pleuvait comme une vache qui pisse). Une heure de marche (en plus des 45 minutes de natation pour les enfants), ça fait du bien à tout le monde. Surtout que si je ne les force pas un peu (et moi-même), les enfants passent leurs temps libres au sous-sol devant l’ordinateur, à se disputer, ou à se battre. Je pense sérieusement à les inscrire à des cours de boxe ou autre sport de combat parce qu’on dirait vraiment qu’ils aiment ça… 🙄 

Ce matin j’ai prévenu les enfants que nous allions sortir un peu plus tôt que d’habitude pour marcher jusqu’à la piscine, parce que la plupart des trottoirs ne seraient probablement pas nettoyés. Heureusement. Les dix premières minutes ils se sont jettés des boules de neige et roulés dans la neige, puis quand ils étaient bien mouillés et qu’il fallait avancer, ça a commencé à râler et pleurnicher non-stop. À mi-chemin Natanael me dit que ces bottes lui font mal aux pieds. Elles sont probablement trop petites. Oups. Elias, plus philosophique, raisonnait avec moi de toutes les bonnes raisons de marcher au lieu de prendre la voiture : “N’empêche que c’est long quand même”. Après leurs cours de natation, je suis vite allée à la pharmacie de l’autre côté de la rue pour acheter des pansements (pour les ampoules de Natanael), des chaussettes sèches (ils avaient besoin de nouvelles chaussettes de toutes manières) et du chocolat de noël en promotion (pour limiter les larmes). Ce n’est qu’au retour qu’Uriel s’est quand même mis à pleurer. Il était fatigué, il avait mal aux jambes. Pauvre pitchounet.

Finalement, nous avons tous survécu et passé l’après-midi bien au chaud à l’intérieur.