Chega de saudade

Ce matin j’écoutais la radio en allemand (sur Radio Garden, je conseille vivement) et je grelotais de froid. Il ne faisait que 20°C chez moi. Que voulez-vous j’ai perdu l’habitude, c’est le vrai hivers brésilien ici, quoi! Et puis, cinq minutes plus tard, j’entend les allemands se plaindre de leur été frisquet cette année… Il ne faisait que 17°C chez eux. Ha ha.

Quand j’ai raconté cette petite anecdote à D, il a bien rigolé. Lui qui a le sang chaud n’a jamais souffert de l’hivers canadien, par contre ici son malaise est extrême pendant les mois chauds. C’était carrément l’enfer pour lui en Rondônia. Par contre pour les enfants et moi qui sommes plus frileux, nous allons avoir un sacré choc quand on retourne au Canada.

J’ai bien dit “quand” et non pas “si”, parce qu’en effet, oui… Nous retournons au Canada!

Ce n’est pas un secret, même si je n’écris plus souvent par ici, les cinq derniéres années au Brésil ont été très difficiles pour nous. Spirituellement, émotionellement, financièrement, culturellement. Et en fait, depuis que nous sommes ici nous avons eu le constant incomfort de ceux qui ne font que passer. D’abord c’était tout simplement la fin du monde. On voulait tout simplement que le supplice passe aussi vite que possible. Puis ça c’est un peu améliorer l’année passée à Goias, mais c’était quand même pas super. La ville trop petite et loin de tout pour s’imaginer “grandir” là trop longtemps.

Alors nous sommes allés mettre à jour nos passeports canadiens au service consulaire de l’Ambassade du Canada à Brasilia. Juste “au cas où”. Je pense que ce que l’on aimait le plus de nos brefs passages à la capitale est que tout y était tellement propre, la ville bien planifiée, et le climat tellement agréable que l’on se sentait presque de retour au Canada!

Maintenant que la décision est prise, on se souvient de plusieurs moments avec une sorte de double vision. Par exemple, quand D a fait les démarches pour nos contributions pour la retraite, il a eu la forte sensation que c’était de l’argent jeté par la fenêtre. Et chaque mois, quand je retournais au guichet de la Loterica pour faire le paiement, je me disais la même chose… Était-ce une vision, une intuition, ou wishful thinking?

Autre exemple plus récent, quand L (ma belle-mère adorée) a offert des manteaux d’hivers aux garçons au mois de mai (début des fraîcheurs hivernales ici), je me suis dit: “Ça c’est bon pour l’hivers canadien”, mais j’ai repoussé cette pensée en me disant simplement que ces manteaux étaient un peu exagérés pour le Brésil!

Pour l’instant, nous sommes encore à l’étape préliminaire. D va annoncer sa décision dimanche. Il n’y a pas grand chose que l’on puisse faire pour l’instant à part en parler avec nos meilleurs amis canadiens et américains qui prient pour nous, et penser à tout ce qu’il faudra vendre, donner, jeter, emboîter (une fois de plus).

D ira loger chez nos amis qui habitent à W (Ontario), d’où il cherchera un emploi dans la ville même ou plus loin si nécessaire London, Guelph, etc. Tout est incertain de ce côté là. Aprés avoir empaqueté nos choses, prètes à envoyer, et libéré la maison, j’irais vivre chez mes beaux-parents avec les enfants en attendant de savoir quelle sera notre nouvelle adresse. Je n’ai encore rien dit ni à mes parents, ni aux écoles où je travaille… Notre période d’attente risque d’être plus ou moins longue dépendement du marché du travail en Ontario, et je ne veux pas avoir du stress supplémentaire.

Nous sommes quand même tristes que ce soit la situation de l’église qui nous pousse à retourner au Canada. Nous sommes aussi tristes (gros PINCEMENT au coeur!!!) d’aller vivre encore une fois loin de la famille. La lueur d’espoir, quand même, est que maintenant qu’ils sont tout les deux retraités, ils envisagent de vendre leur (grande et belle) maison pour venir nous rejoindre plus tard, quand nous seront installés! Et E (mon beau frère) et M (sa copine) envisagent eux aussi de nous suivre… Qui sait, peut-être que d’ici quelques années, nous vivrons à nouveau tous proches de l’autre côté de l’Amérique!

Anúncios

Adios, Abuela

As I might have told you, my mother and all her side of the family live in Argentina. I was born there but we moved out of the country when my brother was only a couple months old. I was not even two years old. Growing up we did not visit regularly. Some long-distance families keep visiting every year, back and forth between their native and adoptive countries, but we didn’t. It just happened randomly, Abuela (grandma, in Spanish) would come spend a couple of months in France one year (I believe my dad paid her plane ticket), then some years later my mom, brother and I went to spend a couple of months in Argentina.

The last time I visited Abuela and Argentina, I was twenty years old. That was 15 years and a half ago. I had not seen my grandmother in many years (six or seven years prior). Since I was learning to dance tango in Montreal and had some money saved in my bank account (I was a very frugal student), all the reasons were there for a visit. I paid my own plane ticket to spend Christmas, my birthday and the New Year with Abuela, my aunts, uncle, cousins, all that side of the family (family and familiar), that I so seldom see. Three glorious weeks filled with warmth, family, fun and humidity (summers in Buenos Aires are unbearably hot and humid). At the end of my stay I remember telling l’Abuela that I wouldn’t wait another seven more years to come back. I would visit again in two years time at the latest. It wasn’t really a promise, but that was my plan.

However, a whirlwind called LIFE happened: I got married, my parents divorced, my mother moved back to Buenos Aires herself (she has lived in her current apartment for the past 10 years, but beside the pictures, I didn’t know her place). First, hubby and I didn’t have money at all, then when we did have a bit of it, we finally traveled to Brazil one year, to France the other, Argentina was next on the list, but… then the twins were born! Closely followed by the move number one, two, another baby, three, four… Sigh. You get the picture.

A couple of weeks ago, instead of our weekly Skype chat with my mother, I found an email informing me that Abuela was in the hospital. At the age of ninety-three, she was dying. I cried so much the following two days that I lost track of time. She was the only grandparent that I had known. It seemed logical, yet unreal, that she was going. It was time. Same Time that passes by flying, or Time that stands still, now Time was a finality. D asked me if I wanted to go. He could take care of the kids while I went to spend a few days with my mother. After all these years, it seemed that the opportunity had arisen. I don’t know if I would get there on time, but I thought I should try to see Abuela one last time.

And so, leaving my husband and children behind for the first time of our lives, I flew from Brasilia to São Paulo to Buenos Aires, on a Saturday, and hugged my mother very early on a Sunday morning. I had not seen her since the twins were babies, in Saskatchewan, five years ago.

Very early the following day, we took the train to the suburbs to visit the clinic.

Abuela was paralyzed and couldn’t speak, but when I arrived she moved her eyes and tried to lift her shoulder. I stayed many hours at her bedside. I prayed. I sang hymns. I held her hand. It was peaceful. In the afternoon she seemed to be sleeping.

The following morning my mother and I went to see the house where I have my earliest memories. They will most likely sell it. At noon, we were just out of the house on our way to the clinic, when we received the call from my aunts that l’Abuela had passed away.

It was a sad vacation, but a happy one too. Everyone was telling me that she had been waiting for me. I don‘t know if that should be any comfort, but I am so thankful that I was given the chance to be one last time with her.

Bittersweet memories.

GE DIGITAL CAMERA
La casa de l’abuela.

Seventh day of Christmas

Je suis fatiguée (et plutôt énervée) d’entendre le positivisme “obligé” de fin d’année partout et particulièrement sur FB où, comme par magie, tout le monde semble avoir eu “une année excellente !”. Oh vraiment? Depuis quand est-ce qu’une série de photos raconte-t-elle l’histoire au complet? Ai-je pensé à prendre des photos la journée où j’ai passé mon temps à nettoyer la terrasse au jet d’eau parce que les enfants ont vomit l’un après l’autre? Ou pendant la semaine où je devais avoir l’air d’une mort-vivante parce que le mari et les enfants toussaient toute la nuit et me réveillaient à plusieurs reprises, que les journées étaient trop chaudes pour rester éveillée et trop chaudes pour se reposer sans se retrouver dans une flaque de transpiration?

Alors, si j’ai eu une année pourrite (comme disent les québécois), je fais quoi, hein? Je fais semblant d’être d’accord avec tout le monde et me colle un faux sourire? Non, moi je veux gerber sur l’hypocrisie. (Et tout particulièrement l’hypocrisie de ceux qui se devraient d’être honnêtes avec eux-mêmes tout d’abord et leur entourage ensuite, ne serait-ce que pour montrer le bon exemple… mais je divague et ça devient cryptique là).

Comme vous avez pû le constater cette année n’a pas été jubilante. Et j’ai voulu m’épargner de revivre tour à tour ma mélancolie, ma tristesse et ma mauvaise humeur sur ce blog. En fait les deux dernières années ont été assez difficiles. Non pas que nous aillons manqué de quoi que ce soi. Nous avons un toit sur notre tête et de quoi manger tous les jours, et quelques kilos de stress en trop pour le prouver (soupir). Nous sommes tous relativement en bonne santé malgrés les nombreux virus auxquels nous avons été exposés depuis que nous sommes en latitude équatoriale. Grâce à Dieu, nos enfants grandissent et sont en bonne santé. Ça pourrait être pire.

Quand je dis que c’était difficile c’est que moralement D et moi avons été à ras des pâquerettes depuis que nous sommes ici. Le déménagement à été extrême de tous les côtés. Le plus évidement est le changement climatique, bien sûr, et tous les ajustements qu’on dû subir nos systèmes imunitaires. Et puis culturellement c’est aussi d’une extrême à l’autre. Les canadiens étant extrèmement polis et réservés, nous sommes atterris au fin fond du Brésil où les gens sont… tout le contraire. Même pour D qui est brésilien, le Brésil où nous habitons maintenant n’est pas le Brésil où il a grandit. Les gens du Nord n’ont pas le même niveau d’éducation que dans le Sud. Beaucoup de gens que nous cotoyons sont semi-analphabètes.

Un homme d’église a fait une promesse qu’il n’a pas tenu. Ça n’est pas nouveau, ni la première fois que ça nous arrive, mais démoralisant tout de même. En conséquant, nous avons donc passé une année de plus parmis les cartons dans l’éventualité d’un déménagement imminent qui n’est pas arrivé.

À l’approche des fêtes de fin d’année, quand nous pensions ne plus être ici depuis plusieurs mois, je pense que j’ai connu pour la première fois de ma vie des attaques de panique: immenses angoisses passagères avec sensation de claustrophobie, vertiges, et difficulté à respirer.

Heureusement que notre foi n’est pas en les hommes mais en Jésus, le commencement et la fin, à la fois vrai homme et vrai Dieu, et ça c’est une consolation immense. Si ma foi était en les hommes, je dois avouer que je serais en un bien pire état… C’est pour dire.

Alors je vous souhaite malgrés tout une bonne année 2015 et que, parmis les hauts et les bas, les joies et les tristesses, les rires et les larmes, on puisse tous en ressortir un peu plus forts.