Sans tristesse ni amertume avancer

Ce matin il a enfin neigé. Après la grosse tempête prématurée du début novembre, nous avons eu des températures merdiques (ni froid ni chaud) et un ciel plutôt gris tout le mois de décembre. C’était tristounet. Aujourd’hui, ô joie!, il y avait un tapis de neige bien fraîche.

Il y a quelques mois nous avons dû faire réparer la voiture et comme elle était encore indisponible le samedi matin, j’ai décidé de marcher jusqu’à la piscine avec les enfants pour leurs cours de natation. Le trajet qui ne prend qu’un petit 10 minutes en voiture, devient 30 minutes à pied. Pas si pire ! Bien sûr j’ai eu droit à quelques larmes et grognements, mais en fin de compte j’ai trouvé que c’était une très bonne idée ! Et donc depuis quelque mois, je suis devenue une mère cruelle : nous marchons jusqu’à la piscine chaque samedi matin (sauf la semaine passée parce qu’il pleuvait comme une vache qui pisse). Une heure de marche (en plus des 45 minutes de natation pour les enfants), ça fait du bien à tout le monde. Surtout que si je ne les force pas un peu (et moi-même), les enfants passent leurs temps libres au sous-sol devant l’ordinateur, à se disputer, ou à se battre. Je pense sérieusement à les inscrire à des cours de boxe ou autre sport de combat parce qu’on dirait vraiment qu’ils aiment ça… 🙄 

Ce matin j’ai prévenu les enfants que nous allions sortir un peu plus tôt que d’habitude pour marcher jusqu’à la piscine, parce que la plupart des trottoirs ne seraient probablement pas nettoyés. Heureusement. Les dix premières minutes ils se sont jettés des boules de neige et roulés dans la neige, puis quand ils étaient bien mouillés et qu’il fallait avancer, ça a commencé à râler et pleurnicher non-stop. À mi-chemin Natanael me dit que ces bottes lui font mal aux pieds. Elles sont probablement trop petites. Oups. Elias, plus philosophique, raisonnait avec moi de toutes les bonnes raisons de marcher au lieu de prendre la voiture : “N’empêche que c’est long quand même”. Après leurs cours de natation, je suis vite allée à la pharmacie de l’autre côté de la rue pour acheter des pansements (pour les ampoules de Natanael), des chaussettes sèches (ils avaient besoin de nouvelles chaussettes de toutes manières) et du chocolat de noël en promotion (pour limiter les larmes). Ce n’est qu’au retour qu’Uriel s’est quand même mis à pleurer. Il était fatigué, il avait mal aux jambes. Pauvre pitchounet.

Finalement, nous avons tous survécu et passé l’après-midi bien au chaud à l’intérieur.

Saudades de bananas

Saudades est un mot  en portugais qui se pert un peu en traduction. On le dit à ceux qui nous manquent — Saudades de você, mais aussi quand on se souvient d’un moment ou une sensation du passé. En portugais ce sentiment n’est pas forcément mélancolique, ou nostalgique, ou triste du tout, et en fait on peut dire saudades de n’importe quoi. Dans mon cas, ces jours-ci, j’ai eu saudades das bananas do Brasil

Uriel devait préparer une présentation orale sur “un système végétal vivant” (une plante, quoi); et bien sûr, fidèle à lui même, il a choisit la banane (ou plutôt “le bananier”) (il aime la couleur jaune et tout ce qui l’accompagne). Alors du coup, je me suis chargée de lui rapeller de toutes les différentes bananes délicieuses que nous mangions au Brésil, banana ouro, banana maçã, banana da terra, banana prata (ma préférée — plus petite que la banane d’exportation, mais plus ferme, plus savoureuse et plus sucrée). Toutes bien meilleures que la seule et unique banana nanica (celle d’exportation) que nous recevons dans tous les pays non producteurs de bananes, cueillies bien trop verte, trop pâteuse et moins savoureuses. Quand nous habitions en Rondônia, il n’y avait pas grande variété de fruits tempérés (quelques rares pommes un peu tristes), mais il y avait abondance de fruits tropicaux locaux: bananes à longueur d’année, mangues (seulement de novembre à décembre), abacaxí (ananas) (des fois), maracujá (fruit de la passion), noix de coco, papayes, goiaba (goyave), avocats (plus gros et plus doux que les Hass avocados qu’on reçoit en importation, et d’autre fruits dont vous avec probablement jamais entendu parlé :

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Banana prata
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Régime entier de bananes
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Préparation de la bananada.
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Cueillette de Jabuticaba
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Jaca
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Maracujá

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Acerola
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Cacau (fruit du cacao)

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Coquinho
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Cupuaçu
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Jambo
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Jambo
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Jenipapo
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Jenipapo
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Cajú (fruit du cajou)

acerola (super fort en vitamine C mais curieusement pas acide du tout)

cupuaçú

jabuticaba

pitanga

jambo

graviola

noni (le fruit de la mort qui pue)

Tous ces fruits m’ont rappelé une jolie chanson que les enfants ont écouté souvent, il y a quelques années, et qui sans le vouloir, fait maintenant partie des la trame sonore des nos années au Brésil.

Compte rendu du vendredi

J’ajoute ici les liens vers les blogs qui participe : Dites-moi-le, qui êtes-vous ?

Aujourd’hui je me sens : Bien.

Ce matin la première personne à qui j’ai parlé une fois sortie de la maison : Mercredi, (j’ai commencé ce questionnaire y’a 2 jours) j’ai dit “Good Morning!” à l’employée à l’accueil de la piscine (c’est toujours la même le matin), puis un autre “Good Morning!” un peu plus enjoué et plein de bonne humeur à une nageuse que je ne connais pas mais que je croise souvent (on se reconnaît entre habituées, mais y’a pas trop de causette parce que dans les vestiaires nous sommes à moitié nues et dans la piscine on nage dans l’eau… pas facile de socialiser avec la tête dans l’eau !).

Aujourd’hui je me souviens seulement être sortie en courant avec les garçons. Ils ont failli rater l’autobus… J’ai probablement crié “Dépéchez-vous on a peut-être raté l’autobus !”

J’ai été super contente de : (mercredi) Revenir de ma scéance de natation à vélo. Il fait pas trop froid (0°C), ça reste encore relativement agréable même si le ciel est grisounet.

Aujourd’hui le temps est à peu près pareil, mais j’avais pas l’énergie d’aller nager : Natanael a eu une quinte de toux à 4h du mat’ et le réveil a été difficile…

Je suis grognon : Non pas du tout. Je suis allée au supermarché et, contrairement à mon habitude, au lieu de revenir toute énervée et stressée, je chantais Jingle Bells en rangeant les commissions. C’est contagieux, c’est la saison !

Nan, mais franchement, tu trouves ça normal de : devoir expliquer à une auteure anglophone que la traduction française de son bouquin a besoin d’une révision ? Et malgrès les nombreux exemples que je lui envoie (plein d’erreurs stupides de fautes d’accord, rien que dans les 2 pages du script d’audition !), elle répète que sa traductrice a fait un travail merveilleux et que si je crois que mon français est superieur à celui de sa traductrice (soi-disant une parisienne, parce que c’est supposé garantir une supériorité de language par rapport au reste de la francophonie ?), je n’ai pas besoin de présenter d’audition, elle n’est plus du tout intéressée à mon travail !!? Seriously? (Moi non plus j’veux pas travailler avec un script plein de fautes ! 😆 ) Vraiment, y’a des gens qui savent pas faire du travail d’équipe et qui n’ont pas comprit qu’un livre audio c’est pas un travail d’une seule personne: c’est pour ça que ça s’appelle un projet. L’auteur, le narrateur, le traducteur doivent communiquer, se réviser, se corriger, vérifier, re-vérifier, etc. Je suis la première à être reconnaissante quand on révise mon travail et qu’on m’indique les erreurs qui m’ont échappées ! 🙄

C’est exquis de : pouvoir aller nager demain matin (samedi) au lieu d’accompagner les 3 singes à leurs leçons (ça aussi c’est en pause). Ça a du bien les vacances! (J’espère qu’il n’y aura pas trop de monde — vendredi et samedi y’a les couloirs longs de 50m, sont vraiment super pour profiter des palmes)

Ça me rend extatique : Euh, pas à ce point quand même !

En ce moment je lis : et je relis mon projet de livre audio actuel. Un roman romantique en français, écrit par une auteure française qui habite au États-Unis. Là ça va, c’est bon, elle et sa traductrice ont fait du bon boulot. 😉 Moi maintenant je me régale. La narration est de points de vue alternés, je lis tour à tour un chapitre avec la voix du personnage principal féminin, puis un chapitre avec le personnage principal masculin. C’est une gymnastique vocale, mais techniquement intéressant (pour moi), j’espère que le résultat le sera tout autant !

Je ne résiste pas à : un peu d’egg nogg, allez c’est la saison !

L’émission de tv, de radio, ou l’article de presse qui m’a le plus frappé cette semaine c’est : Je n’ai pas de télé, j’écoute rarement la radio et je ne suis pas trop les actualités sauf en cas de catastrophe (je suis lâche comme ça), alors je vais plutôt partager une découverte qui m’a décoiffée (façon de parler). Déjanté ! Électrifiant ! Super fun ! (Si vous arrivez à bouger comme les chanteurs pour toute la durée de la chanson, vous avez un cardio d’enfer!)

Plutôt que d’être assise à mon bureau, là tout de suite j’aimerais mieux : Ah non, ça va, j’viens juste d’arriver. J’ai passé la matinée à crapahuter, faut bien que j’travaille un peu, hein.

Interlude (oui, un autre)

Cela fait trois fois que je commence un post différent sans le terminer… Ça commence avec une bonne idée, puis ça part en cacahouète et je me demande “mais qu’est-ce que je raconte comme niaiserie?”. Bref. Petit interlude pour dire que tout va bien. C’est l’avent et je chante certains de mes cantiques favoris à la maison : Vienne la rosée sur la terre, Venez divin Messie … (Nous avons le livre de cantiques luthériens en français à la maison duquel je chante un cantique chaque soir, avec les prières, en suivant le calendrier liturgique). J’aime particulièrement l’avent (et noël) (mais aussi le carême et pâques) parce qu’il y a certains cantiques en français qui n’existent pas (ne sont pas traduis) en anglais (ni en portugais). Aussi, certains me rappellent vaguement mon enfance, ça leur donne une double dimension (si je puis dire), et j’espère qu’ils feront partie de la mémoire collective de mes enfants.

Quoi d’autre?

J’ai deux semaines de pause de mes élèves de l’école de musique (certains m’ont offert des cartes, chocolats et même des chaussettes — très sympa!). Ce qui n’est pas plus mal puisque mes trois guignols seront en vacances aussi et ça va être un peu compliqué de continuer à éditer mon livre audio actuel (une romance ❤ ) et d’aller à la piscine (2 ou 3 fois par semaine, vais-je y arriver ?).

Sinon j’ai deux ou trois post de prévus par ici. Donc, je reviendrais, promis, je n’attendrais pas un mois de plus pour donner un compte rendu brumeux et à moitié oublié de ce que j’ai fait et de ce que je vais (peut-être) faire…

À très bientôt !

The New Library

Last time I wrote over here, I quickly mentioned that we had a new library in the neighborhood. I was very excited about it and could not wait to show you pictures of it, of the fall colors all around, of the kids Halloween makeup, etc. But then, as usual, life happened and I was very busy with other things such as (but not limited to) :

finishing editing an audio book (a novel in French ! ), (Le Jardin secret de Marie, de Coralie Raphael — Une histoire extraodinaire, magique, pleine de mytères, de rebondissements et un amour pas comme les autres… Comme on dit en portugais adorei!)

reading an excellent novel (Sunshine by Robin McKinley — a post-apocalyptic fantasy with magical creatures, including a vampire, but no romance, which was oddly very satisfying to me, though maybe not to everyone’s taste. A genre in its own, I guess),

keep swimming as much as I could but not as much as I should (it’s very dark and cold now at 7:30AM and it’s already kind of depressing, and not motivating me at all to hop on my bicycle and go swimming, so I’ve sadly been slacking on my exercising. I really should get into a new routine of going there late mornings or evenings. Still debating),

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Autumn leaves 1
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Autumn leaves 2

getting soaked to the bone while trick or treating on Halloween with the kids (we left the house at 5PM, a little early, to make sure to collect enough candies before the rain. After a slow start (some houses were decorated but no one a the door… Why?), we had about 20 minutes of productive collecting before it started raining, then pouring rain. By that time we were cold and the kids’ bags were full and heavy, so we came back home with squeaky shoes, cold fingers, wet candies and a smile on our faces.)

Did you feast your eyes on the fall pictures above? Yes? Good. Because all day yesterday, and it looks like today too, the white stuff is falling from the sky. And not just a small little first snow of the season, no, it’s non stop snowing galore! In November! School buses have been cancelled for the day, the kids will be home, and so it begins…

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Thesaurus

Il y a quelques temps, Mahie demandait quels mots de vocabulaire on trouvait particulièrement jolis, quelle que soit la langue. Elle demandait surtout quels étaient les mots dont on aime la sonorité, pas forcément le sens. Pour moi, l’un va avec l’autre. Mes mots préférés sont à la fois agréables à l’oreille, roulent dans la bouche et sont évocateurs d’images ou de sens.

Parler de mots qui sonnent bien dans les six langues que je connais (français, anglais, espagnol, allemand, italien, portugais) n’est pas un exercise simple et si vous n’êtes pas polyglotes, vous risquez d’être perdus dans les tiroirs de ma tête. On va ouvrir ça et y mettre un peu de bazar… Vous voici prévenus! 😆

J’ai réalisé que j’ai un petit faible pour les noms d’animaux qui sont souvent bien différents d’une langue à l’autre. 

La libellule (joli!) devient dragonfly (trop cool!). J’aime bien aussi la luciole / firefly. Mais je préfère les sonorités de papillon plutôt que butterflymariposa (es/pt) aussi c’est mignon, et en portugais mariposa c’est le papillon de nuit, celui de jour s’appelle borboleta (joli aussi!).

En allemand, j’aime aussi Schmetterling /ˈʃmɛtɐlɪŋ/, même si la sonorité est complètement différente de son équivalent dans les langues latines. Par contre c’est drôle qu’en anglais on parle du butterfly et en allemand c’est plutôt de la crème. 🙂 Il y a une beauté dans la différence, non?

En espagnol, j’aime bien cucurucho (un cornet). En portugais, j‘aimais entendre les enfants dire le mot pirulito (sucettes). Le mot pipoca (popcorn) en portugais devient palomitas (lit. “petites colombes”) en español. Et alors, dire “un cucurucho de palomitas”, c’est carrément délicieux dans tous les sens! 

En français, il y a beaucoup d’adverbes et de noms qui finissent en -ment qui m’enchantent : émerveillement, particulièrement, viscéralement, enchantement, emmerdement, franchement, complètement, carrément, couinement, grossièrement, méticuleusement, ridiculeusement, vachement…

Quand je suis de mauvaise humeur dans la voiture, en train de conduire derrière un taré, je préfère crier “idiota!/ɪ.ʤɪ.ˈɔ.tɐ/ en portugais (en espagnol la prononciation est trop délicate) qui sonne mieux que le tout petit “imbécile!” français. Par contre motherf*cker est très satisfaisant aussi, mais beaucoup plus grossier. Et enfin, en italien, vaffanculo pezzo di merda est tout aussi grossier et satisfaisant (parfois il faut que ça sorte).

An inconvenient neighbor

I was about to record the twentieth and last chapter of my current audio book project. It was late morning, all seemed quiet. The kids were at school and my husband was gone at welding school/work. I had just come back from exercising; I was awake and my voice too. Outside, nobody was mowing their lawn or building a garden shed (thank God, lawn enthusiasts and garden builders are finally cooling down — literally) , and the train and its many whistles had just passed the crossing. I closed the window and the door to my home studio.

All set!

Toc-toc-toc!

What the…?

Toc-toc-toc!

The knocking came from behind my wall, the outside corner that faces the backyard and the park. Sometimes I can hear the squirrels climbing the wall and the roof, but they don’t stay long. That one kept knocking on my…

Toc-toc-toc!

I replied with all my rage by knocking on my side of the wall as if it was a very inconvenient neighbor. BAM-BAM-BAM. Get awaaayyyy!

Toc-toc-toc!

Nope, didn’t work. I opened my window, couldn’t see a thing because of the the bug screen, took that off too, and came face to face with a… A bird! No way, such a pretty bird pecking at the wall! We watched each other, stunned for a couple of seconds. When I finally thought I should take a picture (so pretty!), he hopped on a branch and flew away.

Another day he came back.

I was ready. (Camera ready, wrong lens — oops)

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