Survivance dans la mémoire… (3)

  • Qu’est-ce qui vous rend heureux, dans la vie, au quotidien?

Faire des câlins à mes garçons (le grand et les petits), faire des câlins aux minous, lire, apprendre des trucs, avoir le temps de rêver un peu (moments de non-stress). Avoir une maison propre et bien organisées (j’aime le résultat, mais pas forcément le processus pour y arriver…).

  • Avez-vous eu un membre de votre famille que vous auriez aimé mieux connaître avant son décès? Pourquoi?

Je n’ai jamais connu mes grand-parents paternels qui étaient déjà décédés avant ma naissance. J’aurais particulièrement aimé connaître ma grand-mère Renée qui avait été modiste (elle faisait des chapeaux). En grandissant, quelques personnes qui l’avaient connue me disaient que je lui ressemblais. Elle était très gentille, pieuse et jouait du piano.

  • Est-ce que vous avez déjà eu des problèmes de voiture à un moment vraiment pas pratique?

Quand on déménageait de la Saskatchewan jusqu’en Ontario, en traversant le Manitoba et le nord de l’Ontario en voiture (environs 2500 km), avec deux bébés d’un an, un bébé dans le ventre, un “trailer” avec toutes nos choses derrière et un chat dans sa cage, on a eu un pneu crevé! En plein milieu de nulle part, entre Winnipeg et Thunder Bay! Je me souviens qu’on avait un téléphone portable à l’époque, justement pour une urgence, mais pour la deuxième fois dans un cas similaire pendant notre séjour en Saskatchewan, l’endroit perdu où nous étions n’avait pas de réception! D a essayé de changer la roue, mais je pense que le jack s’est cassé, ou peut-être qu’il a quand même réussi (je ne sais plus, j’étais un peu paniquée). On a fini par rouler lentement jusqu’à la prochaine petite ville avec un mécanicien qui était heureusement encore ouvert!

 

  • Racontez-moi un voyage/camp de classe ou une course d’école particulièrement mémorable.

Quand j’étais au collège (en France, pas le College/Cégep du Québec), je me souviens de deux voyages scolaires. Une année c’était une semaine (ou 10 jours) au Périgord (pour voir les grottes) et une autre année avait été une semaine (ou 10 jours) en Angleterre. Je n’ai pas de très bons souvenirs de ces 2 voyages. Les visites étaient intéressantes, mais l’impression que j’ai gardée des voyages scolaires sont plutôt les drames de cours de récréations qui duraient pendant 10 jours, plutôt que des voyages culturels pour apprendre/voir autre chose. Le supplice!

Pour le voyage au Périgord,  nous étions logés en chambre de quatre. Je pensais avoir un groupe sympatique avec ma meilleure amie de l’époque et 2 autres copines, mais elles ont commencé à se raconter des secrets entre elles ou parler en mal d’autres filles dans la chambre d’à côté… Alors quand j’ai voulu aller discuter avec les autres filles parce que je me sentais exclue de leur trio, elles m’ont fait la gueule! Bref. Déjà à l’époque je n’aimais pas les hypocrites…

En Angleterre, nous étions logés deux par deux dans des familles d’accueil. Nos hôtes n’étaient pas très chaleureux, et comme en plus ma copine et moi étions timides, nous avons passé nos soirées enfermées dans notre petite chambre… Pas très rigolo. Heureusement pendant la journée nous nous retrouvions avec d’autres amies sympatiques.

J’ai quand même dans l’ensemble de meilleurs souvenirs de ce voyage en Angleterre, que du voyage au Périgord. Mais bien évidemment, j’ai refusé de renouveller l’expérience les années suivantes!

  • Que faites-vous tous les matins après votre réveil?

Je me roule hors du lit dès que le réveil sonne à 6h30. Je vais aux toilettes, puis j’allume la lumière dans la chambre des garçons, “Réveillez-vous les petits chéris, il faut aller à l’école!”. Puis c’est un crescendo d’un refrain interminable de “Dépéchez-vous ou on va rater l’autobus!”. Je préfèrerais me réveiller tout en douceur, mais hélas! Ça n’est pas mon quotidien….

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Survivance dans la mémoire… (2)

  • Qu’est-ce que vous portiez, quand vous étiez à l’école, et qui vous fiche la honte (ou vous fait bien rire) quand vous regardez de vieilles photos maintenant?

En général, ma mère a bon goût pour s’habiller et en grandissant nous faisions souvent les boutiques ensembles. Mais étant artiste, elle n’avait pas la notion que ce qui était à la mode ne convenait pas forcément aux besoins d’une pré-adolescente qui essaye de se sentir “normale” dans une petite ville du sud de la France… Une fois ma mère m’avait acheté un ensemble pantalon ET pull, EN LAINE, avec des motifs (y’avait beaucoup de rose, mais je ne me souviens pas trop du reste). Ça lui avait probablement coûté assez cher parce que c’était de la marque Benetton, alors je n’osais pas lui dire que c’était… pas très discret. Alors je l’ai porté plusieurs fois à l’école, mais j’avais un peu honte! (C’était peut-être que dans ma tête, je ne me souvient pas particulièrement de remarques désagréables). Heureusement que le pantalon en laine était trop chaud (et la laine ça pique!), j’avais la bonne excuse de ne pouvoir porter que le pull avec des jeans normaux  la plupart du temps!

  • Quel est votre meilleur conseil en ce qui concerne le monde du travail?

Euh… Bonne chance? Faites de votre mieux? Soyez créatifs? Débouillez-vous? (J’allais dire “traversez la rue”! LOL) 😆

  • Qu’est-ce que vous admiriez/admirez le plus chez votre père?

J’admirais beaucoup mon père en grandissant. Sa débrouillardise. Sa curiosité. J’étais fière de lui, d’avoir créé sa propre activité professionelle, d’avoir sû trouver des clients dans le monde entier (des multinationales), de voyager pour son travail, etc.

Et puis en devenant adulte, j’ai réalisé que j’espérais en vain de lui un encouragement ou des félicitations après mes concerts, mes spectacles, mes excellents résultats scolaires, qu’il soit lui aussi à son tour fier de moi… Je ne le savais pas encore, mais mon père est un manipulateur. La meilleure éloge que j’ai eu de lui était après mon récital de fin d’études (une heure de récital en soliste, mémorisé, que j’avais préparé pendant plus de 6 mois et qui concluait plusieurs d’années d’études); un “c’est pas mal” bien franchouillard, d’un air complètement désintéressé! (Cela avait bien choqué mon meilleur ami de l’époque, maintenant mon mari, qui s’en souvient encore!).

  • Quel(s) sport(s) avez-vous fait (ou faites-vous toujours)? Est-ce que vous étiez/êtes doués? Comment avez-vous choisi et pourquoi avez-vous arrêté/continué?

Au début de chaque année scolaire, pour que je sois “active et en bonne santé” (il trouvait que je lisais trop), mon père insistait pour que je m’inscrive à une activité sportive qui soit:  1. un sport de groupe pour que je me fasse des amis (apparement d’après lui, je n’étais soi-disant pas assez sociale — je n’étais ni particulièrement timide, ni asociale, mais la solitude ne m’a jamais dérangée),  2. gratuit (ou pas trop cher), 3. proche de la maison (pour ne pas avoir à “faire le taxi”). Alors j’ai fait tour à tour : du basket, du judo (je n’aimais pas me rouler par terre), de la gym (j’aimais bien, surtout les barres parallèles et le trampoline, mais c’était trop cher et trop loin de la maison), du volley, de la natation (j’ai gagné une médaille d’argent pour la nage en brasse une fois)…  Autant j’étais plutôt bonne en éducation physique à l’école, autant je détestais l’esprit compétitif des équipes para-scolaires de basket et de volley. Le seul sport d’équipe que j’ai découvert et beaucoup aimé, plusieurs années plus tard quand nous étions à Montréal, était le water-polo, mais c’était une équipe d’adultes sans prétention qui jouaient dans l’eau deux fois par semaine pour s’amuser.

Et plus tard encore, jeune adulte, j’ai été passionnée de danse. J’ai apprit à danser la salsa, puis le swing avec des amis, et j’ai prit des cours de tango argentin que j’ai dansé énormément, plusieurs fois par semaine, pendant plusieurs années.

Maintenant je fais les sports solitaires que j’aime le mieux: la marche, le vélo, et la natation.

Survivance dans la mémoire d’un évènement passé

Cela fait quelques semaines que Dr. Caso nous propose de partager des souvenirs en répondant à des questions le dimanche soir. Je suis de toute évidence un peu en retard pour le dimanche, mais les questions restent les mêmes et les souvenirs aussi, alors…

  • Quel a été le premier grand voyage que vous avez fait dans votre vie?

Le premier, je ne m’en souviens pas parce que j’avais moins de 2 ans quand mes parents ont déménagé de l’Argentine jusqu’en France, et moins de 5 ans quand on a re-déménagé de la France jusqu’à Hong-Kong. Après j’ai quelques souvenirs flous de cette époque, mais rien de mémorable car pour moi ces déménagements étaient le normal de notre famille. J’ai fait de grand voyages plus tard, mais du coup ils n’étaient plus le premier!

  • Est-ce que vous êtes doué(e)s de vos mains? Quelle est la chose que vous avez créée ou fabriquée ou jouée ou construite dont vous êtes le plus fiers?

Je ne suis pas sûre (l’est-on jamais) d’être douée, mais j’aime fabriquer des choses de mes propres mains! J’aime (passé et présent) le piano, le violon, le pipeau de bambou (je l’avais fabriqué moi-même quand j’étais adolescente), la couture (mes derniers projets étaient des rideaux et des taies d’oreiller, rien de remarquable mais tout à fait satisfaisant!), le crochet, le dessin (j’aimais accompagner ma mère aux ateliers qu’elle enseignait), et une fois j’ai même aidé mon père à construire un barbecue avec des briques et du béton!

  • Décrivez l’une de vos fêtes d’anniversaire les plus mémorables.

Mon anniversaire a toujours été problématique parce que coincé entre noël et le jour de l’an, il y a toujours mille raisons pour ne pas pouvoir festoyer avec moi! Je garde néanmoins un souvenir merveilleux de la première fête que j’avais organisée à Montréal (pour mes 16 ans), dans le sous-sol de chez mes parents, et où des amis que je connaissais à peine s’étaient tous mis à danser sans aucune gêne ou la timidité dont j’avais été habituée en France. Le même miracle s’est reproduit plusieur fois les années suivantes. C’était merveilleux!

  • De quelles histoires/contes d’enfant vous rappelez-vous le mieux?

Mon père nous avait lu Les Contes de la Rue Broca de Pierre Gripari, que j’ai relu moulte fois. J’ai bien sûr acheté ma propre copie du livre et de sa suite pour la bibliotèque des enfants. Toutes les histoires sont mes préférées, mais j’aime particulièrement la sorcière du placard aux balais et aussi la paire de chaussures. La dernière fois que nous étions à Paris (en 2009), nous étions dans le quartier et n’ai pas pû resister cette photo!

Ceux qui auront lu les "contes de la rue Broca" comprendront mon emotion! ;-)

  • Comment est-ce que vous vous rendiez à l’école quand vous étiez enfant?

À pied ou à vélo. Mes parents habitaient toujours proche des écoles primaire ou secondaire où nous allions.

  • Est-ce que vous travailliez pendant que vous étiez à l’université?

Oui. Comme la grande majorité des étudiants canadiens, j’ai eu plein de petits boulots à temps plein pendant l’été, à temps partiel pendant l’année scolaire. J’ai été monitrice de camp d’été, préposée à l’accueuil dans une grande librairie, j’ai fait du télémarketing, j’ai vendu des friandises et fait du fudge dans un parc d’attractions, j’ai été guide touristique,  j’ai enseigné le piano à la maison, puis le chant dans une école de musique. J’ai aussi été jeune fille au-pair deux fois, deux étés différents, pendant deux mois, dans des familles en Allemagne.