Saudades de bananas

Saudades est un mot  en portugais qui se pert un peu en traduction. On le dit à ceux qui nous manquent — Saudades de você, mais aussi quand on se souvient d’un moment ou une sensation du passé. En portugais ce sentiment n’est pas forcément mélancolique, ou nostalgique, ou triste du tout, et en fait on peut dire saudades de n’importe quoi. Dans mon cas, ces jours-ci, j’ai eu saudades das bananas do Brasil

Uriel devait préparer une présentation orale sur “un système végétal vivant” (une plante, quoi); et bien sûr, fidèle à lui même, il a choisit la banane (ou plutôt “le bananier”) (il aime la couleur jaune et tout ce qui l’accompagne). Alors du coup, je me suis chargée de lui rapeller de toutes les différentes bananes délicieuses que nous mangions au Brésil, banana ouro, banana maçã, banana da terra, banana prata (ma préférée — plus petite que la banane d’exportation, mais plus ferme, plus savoureuse et plus sucrée). Toutes bien meilleures que la seule et unique banana nanica (celle d’exportation) que nous recevons dans tous les pays non producteurs de bananes, cueillies bien trop verte, trop pâteuse et moins savoureuses. Quand nous habitions en Rondônia, il n’y avait pas grande variété de fruits tempérés (quelques rares pommes un peu tristes), mais il y avait abondance de fruits tropicaux locaux: bananes à longueur d’année, mangues (seulement de novembre à décembre), abacaxí (ananas) (des fois), maracujá (fruit de la passion), noix de coco, papayes, goiaba (goyave), avocats (plus gros et plus doux que les Hass avocados qu’on reçoit en importation, et d’autre fruits dont vous avec probablement jamais entendu parlé :

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Banana prata
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Régime entier de bananes
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Préparation de la bananada.
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Cueillette de Jabuticaba
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Jaca
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Maracujá

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Acerola
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Cacau (fruit du cacao)
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Araça-boi

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Coquinho
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Cupuaçu
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Jambo
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Jambo
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Jenipapo
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Jenipapo
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Cajú (fruit du cajou)

acerola (super fort en vitamine C mais curieusement pas acide du tout), cupuaçú, jabuticaba, pitanga, jambo, pitanga, araça-boi, graviola, noni (le fruit de la mort qui pue), manga, mamão (papaia), cajú…

Tous ces fruits m’ont rappelé une jolie chanson que les enfants ont écouté souvent, il y a quelques années, et qui sans le vouloir, fait maintenant partie des la trame sonore des nos années au Brésil.

Interminable

  • Quelles émissions/séries télévisées regardiez-vous quand vous étiez enfant?

Nous avions une télé, mais nous n’avions pas trop le droit de la regarder… Mon père l’allumait le soir pour le journal télévisé et de temps en temps nous regardions un film le mardi soir pendant les vacances… Je me souviens aussi d’être autorisée à regarder des dessins-animés de Disney (Picsou) le samedi en fin d’après-midi (ou dimanche?), et plus tard à l’adolescence nous avions miraculeusement le droit de regarder un épisode d’une série américaine par semaine, McGyver, puis Beverly Hills 90210, puis Melrose Place.

  • Quelle a été le voyage le plus long (ou loin) que vous ayez jamais fait?

Ma vie entière est un voyage qui ne se termine jamais ! Non mais sans blague, j’ai dû aller vérifier tous les grands vols que j’ai fait de ma vie :

le vol Toronto (YYZ)-São Paulo (GRU) fait 10h

le vol New York (JFK) – Buenos-Aires (EZE) fait 11h (mais je voyageais depuis Montréal, ce qui rajoute probablement 1h30 de vol).

Il n’y a pas de vols directs de Paris à Hong-Kong, et j’étais tellement petite quand j’ai fait ce voyage que je ne me souviens pas du tout où nous avions fait escale, mais tous ce trajet prend environs 20h de vol, donc c’est probablement le voyage le plus lointain que j’ai fait.

  • Qu’est-ce qui a mal commencé mais s’est plutôt bien terminé?

Euh, tous nos déménagements ?! Ha ha ha. Et c’est pas fini… J’espère que ça va bientôt terminer !

  • Quel est le truc le plus bizarre qu’un invité chez vous ait jamais fait?

Je n’arrive pas à me souvenir de quoi que se soit de bizarre.

  • Quel conseil de vos parents auriez-vous dû écouter?

Dans mon cas c’est plutôt : Quels conseils de mes parents je n’aurais pas dû écouter…

  • Qu’est-ce que vous avez malheureusement cassé?

J’avais une jolie tasse avec des feuilles et des oiseaux tropicaux que j’avais acheté quand nous habitions à Rondônia.  Je l’avais trouvée dans le supermarché du coin, c’était très rare de trouver des jolies choses où nous habitions. Elle me faisait sourire quand je buvais mon thé le matin. Je l’aimais bien cette tasse, mais elle s’est cassé quand nous sommes arrivés à la prochaine destination… C’est tout bête une tasse, j’en ai plein d’autres, mais je crois bien que j’en ai pleuré de celle-là!

***

Réponses tardives aux questions de la chère Dr. Caso.

 

Tristeza não tem fim…

  • Comment vous tenez-vous au courant des nouvelles? Quel genre de nouvelles vous intéressent le plus?

Quand j’habitais chez mes parents (il y a très longtemps), mon père avait la facheuse habitude d’allumer la radio pour écouter les nouvelles le matin pendant le petit-déjeuner. Je trouvais ça extrêmement déprimant ! Un matin je lui ai carrément demandé pourquoi diable il voulait se réveiller tous les jours en écoutant tous les malheurs du monde… Bref. Petite annecdote pour illustrer que j’aime vivre autant que possible dans une sorte d’ignorance béate! ha ha. Mais malgrès tous ces efforts, les actualités viennent à moi, malgrès moi, par le biais de FB. Et quand un évènement m’interpelle (éducation ou évènement artistique), je le googueulise pour en savoir plus…

  • Qu’admirez-vous (ou admiriez-vous) le plus chez votre mère?

Sa sensibilité artistique, ses connaissances des techniques et de l’histoire de l’art. Elle est aussi une excellente pédagogue.

  • Quel a été le premier job de votre vie?

À 16 ans, j’ai fait du baby-sitting. À 17 ans, j’étais monitrice dans un camp d’été (au Québec, c’est comme ça qu’on appelle les “colonies de vacances”).

  • Quelle est la dernière chose que vous avez achetée?

Rien de bien intéressant. Je suis allée au supermarché samedi…

  • Quelle est la chose la plus triste que vous avez appris cette semaine?

Pas triste, mais c’est la panique à la bord parce que nos propriétaires nous ont annoncé qu’ils vont vendre la maison… Alors on s’est prit une grosse claque de réalité dans la gueule parce qu’on s’est rendu compte que dans la région le prix du marché pour les locations est effroyablement élevé par rapport au prix des maisons en vente (notre location actuelle étant bien au-dessous du prix du marché) (si nous avions des économies, il serait beaucoup moins cher d’acheter que de louer! Mais bien sûr, nous avons 0 économies). Notre situation économique étant précaire, nous espérions qu’elle s’améliore avant de subir un tel scénario. Nous courons dans tous les sens pour trouver de l’aide, du logement, de l’emploi… Stress, insomnies, grippe.

  • Êtes vous heureux? Pourriez vous l’être plus?

Y a-t-il un moment dans la vie où on peut se dire qu’on est 100% heureux? Je me souviens qu’en arrivant au Brésil après avoir tant rêvé d’aller y vivre, ma belle-mère et moi avons pleuré de joie dans les bras l’une de l’autre en se revoyant à l’aéroport. Mais en même temps, pendant plusieurs semaines il y a avait tant d’incertitudes par rapport à où exactement nous allions vivre et combien de temps il nous faudrait attendre pour le savoir que ça gâchait un peu le plaisir… Similairement, notre situation actuelle n’est pas joyeuse, et pourtant, malgrès tout, je peux affirmer que j’ai un mariage heureux et des enfants en santé, alors oui, je suis heureuse.

Tristeza não tem fim
Felicidade sim

A felicidade é como a pluma
Que o vento vai levando pelo ar
Voa tão leve
Mas tem a vida breve
Precisa que haja vento sem parar

A felicidade do pobre parece
A grande ilusão do carnaval
A gente trabalha o ano inteiro
Por um momento de sonho
Pra fazer a fantasia
De rei ou de pirata ou jardineira
E tudo se acabar na quarta-feira

Tristeza não tem fim
Felicidade sim

A felicidade é como a gota
De orvalho numa pétala de flor
Brilha tranquila
Depois de leve oscila
E cai como uma lágrima de amor

A minha felicidade está sonhando
Nos olhos da minha namorada
É como esta noite
Passando, passando
Em busca da madrugada
Falem baixo, por favor
Pra que ela acorde alegre como o dia
Oferecendo beijos de amor

***

Réponse aux souvenirs de Dr. Caso.